Poutine, coupable de la crise de la pomme

Les entrepôts sont pleins, mais les tiroir-caisses sont vides dans l’ Alten Land, cette région maraichère et fruitière au sud de l’Elbe. La saison s’étire en longueur, mais les débouchés vers la Russie sont bloqués du fait de l’embargo sur les produits alimentaires. Ce n’est pas un hasard si les pommes sont actuellement le produit d’appel préféré des discounters, Aldi et Penny en tête. Cinq euros pour 3 kilos d’Elstar ou 99 cents pour deux kilos de Jonagold. « Avec de tels prix, les producteurs ne gagnent rien », témoigne Stefan Moje de l’association locale. Normalement, les prix sont trois à quatre fois élevés. Outre l’embargo russe qui a diminué la demande, il faut dire que l’offre est en forte hausse avec une production de 350 000 tonnes (au lieu de 180 000 l’an dernier). Qui plus est les russes sont friands de grosses pommes, par exemple la variété Denise. Une variété qui n’a guère de débouché sur un marché allemand qui reçoit aussi les exportations que la Pologne fait habituellement vers la Russie. La situation est désespérante pour un certain nombre de producteurs qui doivent maintenant se tourner vers leurs banques pour obtenir de la trésorerie. Un comble quand on sait que l’année dernière avait été mauvaise du fait d’une mauvaise récolte. Le seul débouché de proximité revient à faire du cidre : un produit transformé qui se conserve plus longtemps que le fruit ou le jus nature. Autre espoir: depuis quelques jours, les prix bas attirent quelques acheteurs de Serbie, d’Afrique ou du Kazakhstan.

Illustration : La Denise est plébiscité par les Russes qui aiment les grosses pommes – Crédit photo: Florian Quandt

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *