Blankenesee : massacre à la tronçonneuse

La vue sur l'Elbe à n'importe quel prix

La vue sur l’Elbe à n’importe quel prix

Non, il ne s’agit pas d’un remake du film d’horreur réalisé par Tobe Hooper en 1974. Et, en place d’une tronçonneuse, ce sont plutôt de discrètes et silencieuses scies à mains que les délinquants forestiers (des BaumFrevler) ont utilisé la semaine dernière sur les hauteurs de Blankenesee, à proximité du Golf Club de Falkenstein. Les tronçonneuses sont trop bruyantes pour les sales besognes. Les arbres du Sven-Simon-Park ont donc été victimes de ces agresseurs dont les commanditaires sont faciles à identifier. Il s’agit de certains propriétaires mal intentionnés qui soudoient des bucherons peu honnêtes pour abattre illégalement des arbres. Le décompte macabre fait état de neuf arbres abattus dont cinq (5) chênes, deux (2) hêtres et un (1) bouleau. L’identité de la neuvième victime n’a pas été divulguée par les services de la police forestière, ni par la presse locale. Il est bon de rappeler que l’abattage des arbres, dès lors qu’ils dépassent 25 cm de diamètre, est soumis à autorisation et que, sauf danger imminent pour la vie humaine, l’opération ne peut avoir lieu qu’entre le 1er octobre et le 28 février, après avoir été dument autorisé par le ministère compétent (Bauem und Umweltamz). L’enquête de police est encore à ses balbutiements et un numéro téléphonique est à disposition des témoins (428656789). Leur porte-parole Andreas Schöpflin témoigne: « Nous sommes à la recherche de toute urgence des témoins qui ont vu quelque chose de suspect dans le parc. » Outre les neufs (9) arbres abattus, les délinquants ont également parcouru tout le parc et écimé de nombreux arbres à 5m de haut.

Maison de millionnaire ou Reihenhaus : tous concernés
Ce dimanche, la vue de ce désastre a renvoyé quelques années en arrière un visiteur du parc : « Je me souviens d’un soir d’hiver où pompiers et policiers avaient pris position dans mon quartier de Reihenhaus. Alors que les pompiers finissaient d’abattre les arbres qui avaient été « fragilisés » par des inconnus, la police commençait son enquête. Elle cherchait à savoir qui, dans le quartier, se plaignait du manque de lumière ou bien disposait d’une cheminée ». Cette problématique au sujet de l’abattage sauvage des arbres, quel qu’en soit la raison (se chauffer, voir le soleil, admirer l’Elbe) est une problématique récurrente de la ville hanséatique. Profitant de la trêve hivernale en 2009, un « millionnaire pauvre » de l’Elbchaussee (comprendre « n’habitant pas entre l’Elbe et l’Elbchaussee »), tellement jaloux de la vue dont disposait des millionnaires riches (habitant entre l’Elbe et l’Elbchaussee) avaient fait abattre illégalement des arbres de sa parcelle. Cela lui avait coûté 5 000 euros d’amende par arbre (le maximum prévu par la loi). Peu lui importait, il avait gagné la vue sur l’Elbe.

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